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"l'Humanité et la défense des valeurs humaines avant tout..."
                             "Humanity and the defense of human values above all ..."

La région des Kivus dans l'est de la République Démocratique du Congo est l'une des plus grandes réserves de minerais précieux du monde, comprenant notamment l'or, le diamant et le coltan nécessaire à nos portables. Loin d'être une manne pour ses habitants, c'est une malédiction qui attire toutes les convoitises. Multinationales, élites locales,  pouvoirs occidentaux, voisins africains, tous ont intérêt à ce que le Kivu reste un désordre, sans foi ni loi, où l'on peut piller loin des yeux du monde. Depuis vingt ans, des bandes armées ravagent les villages des Kivus. Ils utilisent le viol avec extrême violence comme arme de destruction massive pour terroriser la population et la réduire en esclavage.

 

Dans cette région pauvre et insécurisée la prise en charge obstétricale des femmes enceintes est quasi inexistante. La RDC a le 16ème taux de mortalité maternelle le plus élevé du monde, avec 7 femmes mortes à l’accouchement pour 1000 naissances.

 

Denis Mukwege, gynécologue, fonde une maternité dans la commune de Panzi située dans la ville de BUKAVU (Province du Sud Kivu).  Cependant, en 1999, il opère sa première victime de viol et de mutilation. Très vite, il saisit l'ampleur du phénomène et la maternité se transforme en centre spécialisé dans l'accueil de victimes de viol : l’Hôpital Général de Panzi. Depuis 1999 et jusqu’en décembre 2014, il a soigné 42264 victimes de viol avec son équipe. En moyenne, 10 femmes survivantes de violences sexuelles consultent chaque jour à l’Hôpital Panzi.

 

Pour le Dr. Mukwege, reconstruire l’appareil génital en surface est relativement facile, mais pour opérer plus loin dans le corps quand la perforation est plus profonde, par exemple avec une machette, il est obligé d'ouvrir tout le ventre, ce qui est dangereux pour la patiente.

 

Lors d'un voyage en Belgique, Denis Mukwege avait visité notre Service de Chirurgie Digestive qui est spécialisé dans les techniques de chirurgie minimal invasive, notamment la laparoscopie. Il s'était montré très enthousiaste à l'idée d'utiliser cette technique dans son hôpital. C'était la solution pour les lésions profondes.

 

Suite à cette rencontre, nous avons formé une équipe de chirurgiens, d’anesthesistes et d’infirmiers, nous nous rendons tous les 4 mois à l’Hopital de Panzi pendant une semaine et nous opérons à quatre mains.

 

Depuis 2012, avec l’equipe du Dr. Mukwege, nous avons réalisé 10 missions. Nous avons équipé 3 salles d’opération à la laparoscopie et une salle á l’endoscopie. Nous avons equipes les salles d’instruments réutilisables et disposables ainsi que de trois colonnes d’imagerie, une colonne d’endoscopie et une colonne d’hystéroscopie.  682 interventions minimal invasives ont été réalisées et nous avons mis au point des techniques chirurgicales originales de pointe que nous avons publiées. Notre enseignement a permis à une dizaine de chirurgiens de se former. Nous avons, en outre, enseigné à l’Université Evangélique d’Afrique (UEA) pour les étudiants en médecine et mis au point un enseignement à distance.

Face à la barbarie qui dure depuis 20 ans, Denis Mukwege est devenu militant des Droits de l'Homme. Son combat contre la barbarie, je l'ai épousé immédiatement, car le drame de la région des Kivus nous concerne. Cette région est la vitrine du monde dans lequel vivront nos enfants si nous ne réagissons pas !

 

Nos parcours sont complètement différents. Denis Mukwege est congolais, pasteur protestant et je suis belge athée. Pourtant, je pense que toute personne, avant d'appartenir à un sexe, une nationalité ou une religion, appartient d'abord à l'humanité. Le vrai combat est la défense des valeurs humaines, des droits de l’homme et de la femme.

 

Réduire les violences envers les femmes est l'un des principaux défis du siècle à venir. J'inclus dans ces agressions le trafic humain, les crimes d'honneur, le mariage forcé et précoce, les sévices domestiques, le viol collectif, et cette forme ultime de l'horreur qu'est un génocide basé sur la destruction de l'appareil génital féminin.

 

The Kivu region in eastern Democratic Republic of Congo is one of the largest precious mineral reserves in the world, including gold, diamonds and coltan needed for our cell phones.

Far from being a advantage for its inhabitants, it is a curse that attracts covetousness.  Multinationals, local elites, Western powers, African neighbors, all have an interest in the Kivu remaining in disorder, without faith or law, where one can plunder far from the world’s eyes. For twenty years, armed bands have ravaged the villages of the Kivu. They use rape with extreme violence as a weapon of mass destruction to terrorize the population and enslave it.

 

In this poor and unsafe region, obstetric care for women is virtually nonexistent. The DRC has the 16th highest maternal mortality rate in the world, with seven women dying at birth out of 1000 births.

 

Denis Mukwege, a gynecologist, founded a maternity clinic in the Panzi municipality in the city of Bukavu (South Kivu Province). However, in 1999, he operated on his first victim of rape and mutilation. Very quickly, he grasped the magnitude of the phenomenon, and the maternity clinic became a center specializing in helping victims of rape: Panzi General Hospital. From 1999 until December 2014, he and his team treated 42,264 rape victims. On average, ten women who are survivors of sexual violence visit the Panzi Hospital every day.

 

For Dr. Mukege, reconstructing the genital area on the surface is relatively easy, but to operate further into the body when the perforation is deeper, for example with a machete, when it is necessary to open the entire abdomen, is dangerous for the patient.

 

During a trip to Belgium, Denis Mukwege visited our Digestive Surgery Department, which specializes in minimally invasive surgery techniques, including laparoscopy. He was very enthusiastic about using this technique in his hospital. It was a solution for the deep lesions.

 

Following this meeting, we formed a team of surgeons, anesthetists and nurses, who go to the Panzi Hospital for a week every four months and operate in four hands. Since 2012, with Dr. Mukwege’s team, we have carried out ten missions. We have equipped three laparoscopic operating rooms and an endoscopy room. We have equipped reusable and disposable instrument rooms as well as three imaging columns, an endoscopy column and a hysteroscopy column. 682 minimally invasive procedures were performed, and we developed original surgical techniques that we published. Our instruction allowed a dozen surgeons to train. We have also taught at the Evangelical University of Africa (UEA) for medical students and developed distance education.

 

Faced with barbarity that has lasted for twenty years, Denis Mukwege has become a human rights activist. I immediately joined his fight against barbarism because the conflict in the Kivu region concerns us.  This region is a window into the world in which our children will live if we do not act!

 

Our paths are completely different: Denis is Congolese, a Protestant pastor, and I am a Belgian atheist. Yet, I think that any person, before belonging to a sex, a nationality or a religion, belongs first of all to humanity. The real struggle is the defense of human values, of human rights and of women.

 

Reducing violence against women is one the main challenges of the next century. I include in these attacks human trafficking, honor killings, forced and early marriage, domestic abuse, gang rape, and this ultimate form of horror that is is a genocide based on the destruction of female genitalia. 

                                              Guy-Bernard Cadière